> 19.02.12 pour stacy doris (1962-2012)

« Pour Stacy Doris (1962-2012) »

En souvenir de la poète américaine Stacy Doris, disparue le 31 janvier 2012, Double Change organise une soirée à la galerie éof le 19 février à 18 heures.

Des amis et lecteurs de Stacy diront ses textes, d’autres liront des textes écrits pour elle ou avec elle. Des extraits de pièces radiophoniques et de captations vidéo seront également diffusés.

Ce sera l’occasion de se retrouver autour de son œuvre drôle, précise, intelligente dans laquelle elle traduisait les textes persans, français, anglais, latins, quesayje. Par exemple, The Cake Part, son dernier livre publié est une exploration tout autant qu’une exposition explosive des furies de Marie-Antoinette sur le théâtre de la page. Nombres de ses livres se déploient dans un amour des formes poétiques comme autant de discours amoureux. Ainsi Paramour est un livre palindrome dans lequel elle élabore notamment des traductions homophoniques de De medicamine faciei femineae d’Ovide, c’est-à-dire « The Make UP Kit », où elle tisse des valentines dédiées à « Mon Pingouin des Îles, petit putti », « Ma Daube », « Zara, the Baronne », et où elle compose et recompose des chansons et autres gigues, dont elle avait livré une interprétation époustouflante au Centre Georges Pompidou, accompagnée de Caroline Dubois et d’Anne Portugal. Dans une manière gertrudesteinienne, La vie de Chester Steven Wiener écrite par sa femme était une biographie de l’incroyable Chet. Son dernier livre Fledge : A Phenomenology of Spirit, auquel elle a travaillé pendant sa maladie et qui paraîtra aux éditions Nightboat, présente des vers plus resserrés. Nouvelle traduction de l’anglais vers l’anglais, de l’allemand vers l’anglais, de la philosophie vers la poésie, il se lit également comme « a bunch of love poems of undying love ».

Que ce soit dans ses textes, dans ses autotraductions en français, dans ses aventures radiophoniques et dans sa pratique de la performance, qu’elle portait à un point ultime de comédie et de perfection, Stacy Doris privilégiait toujours la rencontre des voix et le moment opportun.

Sa disparition à 49 ans a suscité une émotion considérable et il n’est pas possible de citer toutes celles et tous ceux avec qui elle a travaillé en France, où elle a passé de longues années avec son mari Chet Wiener, et où P.O.L. lui a permis de devenir un auteur français. Elle avait noué ici des liens indéfectibles avec des poètes, des traducteurs, des artistes, des intellectuels, des éditeurs, des lecteurs, des gens, ses amis. Cette amitié peut se lire dans les très nombreux témoignages qui ne cessent de paraître et vers lesquels nous vous renvoyons plus bas.

Il faut écouter, il faut voir Stacy Doris lire : http://writing.upenn.edu/pennsound/x/Doris.php

Il faut lire Stacy Doris :

« I looked for my arms. I looked for my arms and was gone. I could do this perhaps from my head in the clouds. And that I’d never seemed to belong. From the start I was gray, and stinky, and regal, and going, fast. And gliding. This comes from the usual closeness of air, with its regular dangers.

Once there’s an opening, there’s absence. Departure. Open your mouth : you could fall through. The sky’s an illusion. The sky’s an illusion and I’m perhaps legion. Yes or no. » (Conference)

Elle avait dû annuler sa lecture en avril dernier et nous espérions avoir le bonheur de la voir de nouveau. Nous savons que le moment de cette soirée sans elle ne sera jamais opportun tant nous souhaiterions entendre à nouveau sa voix singulièrement vive.

Nos pensées vont à sa famille : Chet, Rayzl, Laish Gedalya, et ses parents.

v. b.

Galerie EOF

15 rue Saint Fiacre

75002 Paris

entrée libre.

Stacy Doris (1962-2012)

Hommage de P.O.L et bibliographie :

http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=editions-pol-actualites&numpage=2&numrub=2&numcateg=&numsscateg=&lg=fr&numpara=3048

Site regroupant la plupart des témoignages américains et français :

http://epc.buffalo.edu/authors/doris/